Les mangas à Beaubourg

Vous aimez les shiratakis, vous aimez probablement la cuisine japonaise et, presque aussi probablement, l’univers des mangas. Si vous ne le connaissez pas bien, ou si vous croyez qu’il s’agit de bandes dessinées réservées aux enfants, vous vous trompez ! Le Centre Pompidou vous offre encore pendant 1 mois et demi la possibilité de découvrir cet univers dans Planète Manga. Le 28 mai, ce sera trop tard !

Apprendre l’univers du vin grâce à un manga

Pourquoi pas un bon petit plat de shiratakis accompagné d’un verre de vin bien rouge, bien plein de polyphénols protecteurs et antioxydants ? Dans le genre « fusion food », difficile de faire mieux ! Seulement voilà, l’univers du vin peut paraître bien obscur et complexe… La série Les gouttes de Dieu (éditions Glénat) n’a qu’un objectif – et elle y parvient très bien – nous faire apprendre et aimer l’oenologie autrement. Adieu discours académiques et intellectuels, vive les émotions et les sens pour se construire une culture du vin aussi « béton » que personnelle. Chaque volume est préfacé par un spécialiste du vin, et se termine par une dégustation et des notes de l’auteur sur une dizaine de bouteilles. Et un petit lexique aussi, pour progresser à chaque fois. Une vraie réussite !

Les shiratakis en provenance du Japon peuvent-ils être irradiés ?

Nous avons reçu une question pertinente : « comment être sûr que les shiratakis ne sont pas irradiés, suite aux évènements de Fukushima » ? L’épineuse question de l’irradiation des aliments japonais est évidemment cruciale. Voici la réponse que nous pouvons vous apporter, sachant qu’elle ne satisfera pas les plus anxieux, nous en sommes bien conscientes. 1/ Les aliments les plus irradiés sont aussi ceux qui fixent le plus d’azote pour leur croissance, en l’occurrence les légumes (surtout légumes feuilles comme les épinards), les salades, les choux, les herbes aromatiques et l’herbe tout court (voir + bas). Et dans un autre domaine, le thé. D’autre part, les champignons sont des « éponges à polluants », y compris radioactifs, donc méfiance.

A l’autre bout de la chaîne alimentaire, comme toujours, c’est pire car les polluants sont concentrés : on parle pas mal de lait et produits laitiers irradiés (car les vaches broutent de l’herbe contaminée), ainsi que des poissons pour d’autres raisons (contamination des eaux). Et pêle-mêle le cannabis (mais c’est une autre histoire !) et le tournesol.

Pour les shiratakis que l’on trouve en Europe, c’est a priori un aliment sûr. Il ne s’agit pas d’angélisme mais certains éléments semblent être de solides arguments. Notamment le fait que 100% des aliments en provenance du Japon sont étroitement contrôlés, ce qui explique parfois certaines ruptures de stocks des shira (les containers sont bloqués tant qu’ils n’ont pas été analysés par les services concernés). Donc, si l’on retrouve ces produits dans nos rayons, c’est qu’ils ont déjà passé ce seuil. Par ailleurs, les shiratakis sont des vermicelles de konjac réalisés principalement à partir de glucommanane, la fibre de la racine (ce n’est pas comme si l’on croquait directement la racine ou une feuille d’épinard : le produit est raffiné – pour une fois, ça nous arrange !). Enfin, plusieurs marques sont fabriquées en Chine, ce qui écarte d’office tout problème lié à Fukushima.

Calligraphie japonaise : un art de vivre, passeport pour le bien-être

Si vous vous intéressez aux shiratakis, il y a de fortes chances pour que vous cherchiez aussi à en savoir plus sur la cuisine japonaise et partant, sur l’art de vivre nippon. Nous vous en parlerons régulièrement sur ce blog. Aujourd’hui, une petite initiation à la calligraphie, un des beaux arts les plus populaires au Japon (shodo*) « Les enfants apprennent la calligraphie dès leur plus jeune âge, la « belle écriture » est une matière comme une autre dans les écoles. Aussi, parmi mes élèves, les petits japonais se débrouillent tout de suite très bien. Certes, là bas ils emploient le pinceau alors qu’en Occident, c’est plutôt la plume. Mes l’idée est la même : alterner les pleins et déliés, les traits fins et d’autres, plus épais afin de donner du relief », explique Serge Cortesi, calligraphe.

Serge Cortesi est graphiste. Il enseigne la calligraphie mais on lui doit aussi la célèbre typographie du groupe Carrefour. Avec José Ruiz, il a crée La Maison de la calligraphie.

Au-delà de la performance esthétique et technique, la calligraphie est une voie royale pour combattre le stress au quotidien. Une manière de s’épanouir accessible à tous, car le matériel de base ne coûte pas cher et il n’y a aucune notion de compétition « il faut prendre son temps, ne pas trop appuyer par la plume », s’appliquer en somme. Tout l’inverse de ce que l’on fait du matin au soir, c’est-à-dire courir dans tous le sens.

Si vous avez envie de vous y mettre, rien de plus simple : achetez une plume à calligraphie (n’importe quelle papeterie en propose), un bloc de papier, et lancez-vous. Le mieux : prendre des cours, bien sûr, pour s’initier et, ensuite, pour s’améliorer. Prévoyez d’abord des pages d’écriture pour apprendre à dessiner une lettre droite, une ronde, faire un point, etc. Une activité ludique, esthétique, philosophique même, que l’on peut faire en famille. Les enfants adorent, les parents se détendent… Et puis faites une exposition des plus belles oeuvres à la maison :-)

Et si le dessin « à la japonaise » vous démange, passez chez Georges & Co, 90 rue du bac (Paris 7ème). Vous y trouverez de quoi démarrer en « manga« , en « kanji » et compagnie. Tout un univers !

*Sho = calligraphie, do = la voie.

Mon prénom calligraphié par Serge Cortesi.

Un manga plein de konjac !

J’ai emprunté récemment à la bibliothèque ce manga vraiment sympa. Un petit bijou en fait ! Dans chacun des 18 chapitres, le héros raconte un repas au Japon : ici c’est dans une gargote, là dans un train (un bento !)… Et bien sûr, impossible de passer à côté du konjac, notamment des shiratakis.

Une BD unique, à lire comme on « voit et revoit 10 fois un film qu’on aime. Un film d’Ozu ou de Truffaut (…). Lu comme on lit trop souvent une BD, à la va-vite, en surfant sur les images, vous passeriez à côté du meilleur. Comme on boit un grand vin, oui c’est ça, imaginez un grand bourgogne, ou même pas… disons un honnête Valençay »*, indispensable si vous appréciez la culture japonaise, ou pour mieux la connaître. Vous reprendrez bien un petit peu de peau de tofu crue ?

L’auteur est un expert de la narration en images, il a d’ailleurs été récompensé deux fois pour son talent au festival d’Angoulême, en 2003 pour Quartier Lointain et en 2005 pour le Sommet des dieux.

* Préface de Patrick Honnoré, traducteur. (Très bonne traduction, soit dit en passant !)